A la mémoire de Odile (1945-2025)
Hervé de Bélizal et Odile ont marqué la scène musicale rennaise en fondant le magasin Disc 2000 à la fin des années 1969. Ce lieu emblématique et lieu fédérateur était un point de rencontre pour les amateurs de rock, blues, jazz et folk
MEMOIRE ET EXPLICATION DE DISC 2000 qui a contribué à faire exploser la scène musicale rennaise de 1969 à la fin des années 70

Hervé de Bélizal dans le magasin de Bourg-l’Evêque

Plus de 60 ans de mémoire du disque vinyles. Il est la mémoire vivante de la musique enregistrée des soixante dernières années et il en demeure l’un des producteurs les plus respectés.
Bernard de Bosson aime les gens et cela s’entend. En particulier les artistes qui le lui rendent bien, appréciant ce personnage de roman, tout en superlatif. Après son service militaire, passage de Saint-Germain-en-Laye à Saint-Germain-des-Prés ! Bernard de Bosson devient le pianiste du club de jazz Aux Trois Mailletz. Il joue avec le saxophoniste Don Byas et le violoniste Stéphane Grappelli. En 1958, il est embauché chez Polydor en tant qu’employé aux écritures et bientôt directeur artistique. En 1966, il rencontre Eddie Barclay qui lui confie le développement international de son label. Il a côtoyé et produit les plus grands artistes de jazz, de rhythm and blues et de soul music, avant de révolutionner la chanson française avec France Gall, Véronique Sanson, Michel Berger et Michel Jonasz… En 1970 La création de WEA, ATLANTIC, Daniel Filipacchi, dont il deviendra directeur.

Cela fera quasiment 60 ans qu’est sorti The Velvet underground & Nico (1969), album mythique devenu l’emblème d’une époque saturée d’idéalisme. Nico ; Lou Reed et John Cale. Avec une intervention de Etienne DAHO, dans l’explication du document audio.
Figure rimbaldienne, Nico a chanté une œuvre poétique avant-gardiste loin des clichés dans lesquels on l’a trop souvent enfermée. Sa création musicale, jugée crépusculaire lors de sa parution, se révèle aujourd’hui prophétique.
Ses créations comme ses collaborations appartiennent au panthéon de la culture : Herbert Tobias, Nikos Papatakis, Federico Fellini, Brian Jones, Lou Reed, Andy Warhol, Jim Morrison, Philippe Garrel, John Cale… Sa vie sentimentale est un puzzle tragique : un viol à l’âge de 15 ans, des amants célèbres, un fils non reconnu avec Alain Delon, des amours destructrices, mais également créatrices… Des addictions tenaces aussi. Des zones d’ombre. Il serait tentant de réduire Nico à une tragédie rock et lugubre, image de la décadence européenne de l’après-guerre. Mais, cette énumération d’événements, de rencontres, de postures ne livre rien de la véritable nature de Nico. Elle n’aide pas non plus à comprendre son travail artistique et à en juger de l’importance. Pour cela, il faut saisir la subtilité de sa métamorphose dont le premier acte fut de ne plus être cette déesse blonde docile, image dans laquelle tous l’enfermaient. La « Chelsea Girl » a créé une mythologie rock féminine aux antipodes des courants de l’époque, loin des poses glamour et de la débauche gestuelle. Exigeante, Nico a écrit et chanté une poésie inspirée des romantiques anglais où le vent communique avec les déserts, où les figures mythologiques hantent les ruines. Si ses ritournelles incantatoires fascinent et envoûtent, c’est parce qu’elles racontent tout ce qui est obscur dans l’existence et auquel nous n’avons pas accès. Nico n’a jamais renoncé à ce qu’elle souhaitait être et, ce, quel qu’en fut le prix à payer ! Son histoire est à la fois une longue libération et la construction méthodique d’un enfermement.
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Marquis de Sade aux Vieilles Charrues 2018 (concert intégral) groupe de rock français, originaire de Rennes, en Ille-et-Vilaine. Actif entre 1977 et 1981, il est formé par Philippe Pascal, Frank Darcel, Pierre Thomas et Christian Dargelos. Il se scinde ensuite entre les groupes Octobre et Marc Seberg. Le groupe se reforme en 2017.
Hommage à Philippe Pascal et Frank Darcel

Mose Allison -Sings And Plays V-8 Ford Blues -1966 Mose Allison, est un pianiste américain de jazz, également chanteur et occasionnellement trompettiste, né à Tippo (Mississippi) le 11 novembre 1927 et mort à Hilton-Head (Caroline du Sud) le 15 novembre 2016. Il est devenu célèbre pour son mélange unique de blues et de jazz moderne, à la fois en chantant et en jouant du piano. Après avoir déménagé à New York en 1956, pour le Greenwich Village « Village Vanguard » célèbre club de jazz il a travaillé principalement dans des contextes de jazz, jouant avec des musiciens comme Stan Getz, Al Cohn et Zoot Sims, tout en enregistrant de nombreux disques. Il est décrit comme ayant été « l’un des meilleurs auteurs-compositeurs de blues du XXe siècle« . Ses chansons étaient fortement dépendantes de l’évocation d’humeurs, avec son humour ironique individualiste, « décalé » et subtil. Son influence d’écriture de R&B a eu des fans bien connus qui ont enregistré ses chansons, parmi lesquels Pete Townshend, qui a enregistré son « Young Man Blues » pour le groupe The Who sur l’album Live at Leeds en 1970. John Mayall était l’un des dizaines à avoir enregistré son classique, « Parchman Farm« , et Georgie Fame a utilisé de nombreuses chansons d’Allison. D’autres qui ont enregistré ses chansons incluent Leon Russell (« I’m Smashed ») et Bonnie Raitt (« Everybody’s Cryin’ Mercy »).
On a dit qu’Allison développait une critique sociale avant Bob Dylan et une satire musicale avant Randy Newman. Sa musique a influencé de nombreux artistes de blues et de rock, dont Jimi Hendrix, les Rolling Stones, Tom Waits, John Mayall, J. J. Cale, les Who (qui ont fait de Young Man Blues un incontournable de leurs performances live) et Georgie Fame, qui l’a désigné comme « plus important que Bob Dylan »



Écouter Bob Dylan de la grande époque :
Bob Dylan ~ Town Hall, New York. Il y a plus de 60 ans aujourd’hui. Concert intégral. 20h30, heure de New York. le 12 avril 1963, faisait ses débuts au Town Hall de New York, un lieu historique du quartier des théâtres de Manhattan qui avait ouvert ses portes en 1921. C’était son premier concert d’envergure.
Robert Allen Zimmerman naît à Duluth, Minnesota en 1941. Il grandit à Hibbing, une petite ville minière sans histoires, où il découvre ses premières amours: le blues, la country music et le rock’n’roll. Adolescent, il achète une guitare et une moto, histoire de faire du bruit dans le quartier et faire fortune comme guitariste de rock… Il découvre le folk à l’université de Minneapolis en 1959 et se rend compte que chanter du folk sera sa meilleure arme pour séduire ses copines étudiantes. Le folk, cantonné jusque là aux universités et au quartier arty de Greenwich Village (NYC), devient la nouvelle musique à la mode et les vocations fleurissent de la côte est à la côte ouest. Les folkeux font désormais parler d’eux, influencés par les pionniers, surtout le grand Woody Guthrie, mais un nom va rapidement s’imposer au sein de cette nouvelle vague… l’auteur de la chanson est Bob Dylan.
En janvier 1961, il débarque à New York, avec sa guitare et des chansons plein la tête. Il réussit à s’imiscer au sein de l’entourage de Woody Guthrie, hospitalisé et mourant. Février/Mars, il enregistre plusieurs chansons dans la maison des amis de Guthrie, Bob et Sid Gleason, à East Orange dans le New Jersey, des enregistrements depuis mille fois publiés en bootleg, mais jamais officiellement. Il chante surtout des reprises du folk traditionnel et beaucoup de Woody Guthrie, son héros.
Il s’établit une bonne réputation dans les cafés et clubs folks de Greenwich Village, où il se fait remarquer surtout pour son humour entre les chansons. En octobre, il est découvert par John Hammond, (découvreur de talents, de Billie Holiday à Bruce Springsteen) et signé chez Columbia, CBS. Le 4 novembre 1961, il donne ses premiers concerts professionnels au Carnegie Chapter Hall de New York City, devant un public de potes.
Entre les chansons (des reprises), il parle beaucoup et fait preuve de son humour incroyable et son esprit vif.
Encore une fois, ce concert historique, jamais publié officiellement, est un bootleg très populaire. Durant ce mois de novembre, Dylan enregistre son premier album, y glissant quelques originaux. En décembre, il retourne chez ses parents et donne un célèbre concert à l’hôtel Minnesota de Minneapolis, dans lequel il chante un original « Hard times in New York town ».
Le 19 mars 1962, parution de son premier album « Bob Dylan« , produit par John Hammond.
Paris Olympia, le 16 janvier 1964 : le premier concert des Beatles
On peut dire que la France a d’emblée profité d’une chance incroyable avec les Beatles : après plusieurs mois de contacts, et grâce à un contrat signé le 17 juillet 1963 entre Brian Epstein et Bruno Coquatrix, les quatre garçons de Liverpool acceptèrent de se produire au théâtre de l’Olympia, 28 boulevard des Capucines à Paris, entre le 16 janvier et le 4 février 1964. (La mythique salle parisienne ne leur était d’ailleurs pas inconnue, puisqu’au début du mois d’octobre 1961, John Lennon et Paul McCartney en vacances à Paris y avaient assisté à un concert de Johnny Hallyday.) Ils s’engagèrent ainsi à effectuer un total de quarante et une représentations, soit deux par jour (trois le dimanche), sur une période de trois semaines, pour un salaire global de 3000 Livres Sterling, soit 800 Francs par jour. Pour des artistes qui, du temps de leur célébrité, ne restèrent pas plus de trois jours au même endroit au cours de leurs tournées, une telle situation représenta un fait absolument unique dans leur carrière.
L’idée de base de Bruno Coquatrix et de Jean-Michel Boris avait été de confectionner un spectacle à la mode pour les jeunes, à la fois complet et diversifié, car ils estimaient que les Beatles – vedettes encore seulement « montantes » en juillet 1963 – ne pouvaient pas, à eux seuls, suffire à occuper l’affiche. Il avait donc été décidé de l’étoffer en recrutant le chanteur Pierre Vassiliu, puis la jeune chanteuse d’origine bulgare qui marchait déjà bien, Sylvie Vartan, et enfin une vedette américaine confirmée, Trini Lopez (abusivement surnommé, qui avait déjà à son actif des succès internationaux comme La Bamba et If I Had A Hammer.

Quelques références


Ref : Disquaires une histoire « La passion du vinyle » En partenariat avec Inrockuptibles. Francis Dordor. Préface de Laurent Chalumeau. 2021 GM éditions Paris.

Ref : Bretagne actuelle « Ame bretonne et étincelle Rennaise des années rock » Propos recueillis par Grégoire Laville https://www.bretagne-actuelle.com/herve-de-belizal-ame-bretonne-et-etincelle-rennaise-des-annees-rock/accueil-top/
Ref : Rennes en 1969 voit l’ouverture par Hervé et Odile du disquaire indépendant Disc 2000, lieu fédérateur où se retrouve le petit milieu des amateurs de rock et musiciens : Rennes, 1979-1987 : laboratoire éphémère d’un rock à la française France Musique 2017 https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/metronomique/rennes-1979-1987-laboratoire-ephemere-d-un-rock-a-la-francaise-6205698?fbclid=IwY2xjawOALItleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeUq1YY1oEFqoSSKq1qjGgGB7rrKMtdXAaedejiTUEh1fJZoHCzyger1MGWy8_aem_tx0BocG7r6sJM66d0b7a1w

Ref : Quand Rennes s’est révélée rock : Etienne Daho, Marquis de Sade, Frakture, Ubik, Les Nus, Niagara, Arnold Turboust, Pascal Obispo, Frank Darcel … : ils témoignent de l’effervescence pop et rock à Rennes au début des années 1980 Éditeur(s) : Ouest-France 02/2018

Ref : Rock de 1960 à nos jours 50 ans de musique électrifiée en Bretagne. Tome 1. 1960 -1989. 1 octobre 2010 de Collectif Auteur, Frank Darcel Sous la direction de, Olivier Polard. Les édition de juillet

Ref : Jacques Vassal. Avoir 20 ans dans les oreilles. Souvenirs, impressions, portraits d’une époque. De quelques musiques et d’autres passions. Les fondeurs de briques. Octobre 2025

Ref : Alan Stivell, par Laurent Bourdelas . Editions Le Télégramme 2012 (pages 66)

Ref : Le Point, du jeudi 6 novembre 2008. « Rennes enquête sur les tribus. » Hervé de Bélizal. Aristocrate humaniste. p.II


Etienne Daho – Et si je m’en vais avant toi (duo avec Françoise Hardy)
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